vendredi 30 janvier 2015

AG 2015 repoussée

En raison notamment de l'incertitude concernant la météo de ce week-end, l'Assemblée Générale prévue dimanche est repoussée à une date ultérieure. Le repas qui devait suivre est naturellement annulé.

lundi 26 janvier 2015

Exodus: Gods and Kings, de Ridley Scott

Fraichement reçu par le public américain, le dernier film de Ridley Scott Exodus: Gods and Kings a en revanche marqué le box-office français de la fin 2014. Ce succès d'un film basé sur l'histoire de Moïse dans un pays largement dépourvu de culture biblique ne manque pas d'étonner à première vue. C'est peut-être que, en l'occurrence, Exodus, au-delà de ses qualités, n'est jamais qu'un film dont le scénario est inspiré du récit biblique, dont il s'éloigne de façon importante à de nombreuses reprises.
Cela pose t'il problème? De nombreux commentateurs chrétiens se sont lamentés en constatant les libertés que Ridley Scott avait prises avec le texte de l'Exode. Cela peut sembler injuste. Scott, en effet, n'a jamais (et c'est heureux!!) prétendu réaliser un film fidèle au texte biblique. Son rapport au texte dont il a tiré son inspiration est clairement un rapport d'incroyance, mais il faudrait que l'on arrête dans certains milieux de demander à des non-chrétiens d'agir et de penser comme des chrétiens. Vienne le temps où émergeront de nos églises de jeunes cinéastes, peintres, auteurs, musiciens, qui sauront pratiquer leurs disciplines sous l'autorité de Christ, afin de rendre gloire à Dieu. En attendant, cessons de geindre sur tous les domaines de la pensée humaine que l'Eglise a abandonné à la pensée humaniste et laïque.
 A titre personnel, je pense qu'en s'inspirant des grands récits bibliques, Hollywood rend d'une certaine façon un hommage (involontaire?) au rôle fondamental des Ecritures dans notre culture occidentale. C'est déjà beaucoup et les chrétiens devraient s'engouffrer dans cette porte entrouverte.


Le film repose sur assez beau jeu d'acteurs, mais Christian Bale, bien que rempli de biscotos, n'a pas la carrure d'un Moïse. Les moyens techniques sont dans la norme actuelle mais judicieusement utilisés. Scott n'hésite pas à saupoudrer un peu d'humour, surprenant ici, mais qui ne choque pas. On est face à une super-production à la réalisation assez léchée, au budget manifestement gros et qui parvient à faire oublier (et ce n'est pas un mince mérite) qu'elle dure 2h30.
C'est donc un film que j'ai vu avec un certain plaisir, mais plaisir toujours mêlé d'agacement devant le nombre de raccourcis ou d'erreurs par rapport au récit original. Il est naturel que les personnes ne connaissant pas la Bible n'auront pas eu ce problème, mais ils auraient tort de penser, en sortant des salles, qu'ils connaissent l'histoire de Moïse. 
C'est que Scott s'éloigne tant du texte biblique qu'on ne retrouve parfois plus celui-ci.


Les 10 plaies d'Egypte sont présentées dans une approche assez lourdement rationaliste, de même d'ailleurs que la traversée de la Mer des Joncs... Le film ne nie pourtant pas que Dieu soit à l'origine des fléaux et de la libération du peuple, restant dans un entre-deux assez pénible. L'introduction dans le récit de thématiques purement contemporaines (agnosticisme, questionnements psychologiques...) fait parfois s'enliser le film dans des développements qui ne l'enrichissent pas.  On se rassure en constatant que l'épisode capital de la première Pâque est présent, Pâque qui pointe vers Jésus, nouveau chef du Peuple de Dieu et agneau qui ôte le péché du monde. 
Le point le plus problématique du film est l'humanisation de Dieu, représenté sous la forme de ce qu'il faut bien appeler une sorte de sale gamin assez capricieux. Tout l'épisode de l'appel de Moïse et  la révélation de Dieu qui l'entoure est ainsi complètement aplatie dans le texte. Scott s'est fait un Dieu de son invention, ce que la Bible appelle une idole. Que cela nous rappelle sobrement que c'est uniquement dans la Bible que nous pourrons découvrir que Dieu est vraiment.

En résumé, Ridley Scott poursuit dans la lignée peplum débutée par Gladiator, il le fait assez bien mais gageons qu'Exodus: Gods and Kings ne tiendra jamais la comparaison avec Les 10 Commandements dans la catégorie "épopée biblique". C'est que le film, sans être mauvais en tant que tel, passe à côté de la véritable profondeur du personnage principal et des thèmes traités...on a parfois le souffle coupé, mais en y réfléchissant bien, on se dit que Scott est passé à côté de son sujet et aurait pu faire mieux.  
Vous l'aurez compris, j'aurai tendance à mettre un honnête 13/20 en termes de qualités artistiques et 3/20 (et c'est généreux) pour la fidélité à la Bible, mais encore une fois, ce n'était pas le souci de l'auteur. Ce film, malgré ses lacunes, permettra au moins aux chrétiens qui auront été le voir  avec des amis incroyants d'introduire les thèmes de la délivrance, de l'identité, de l'action de Dieu dans l'histoire humaine... bref, du grain à moudre!

T.Constantini

dimanche 25 janvier 2015

LUC 17.11-19

Dimanche 25 janvier


Dimanche 25 culte de maison à 17h au presbytère de Melle.



Cordiale invitation à tous!

dimanche 18 janvier 2015

MATTHIEU 4.1-11

dessin de Jack Pittman
Alors Jésus fut emmené par l'Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, finalement il eut faim. Et le tentateur, s'étant approché, lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Mais Jésus répondit, et dit : Il est écrit : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Alors le diable le transporta dans la sainte ville, et le mit sur le haut du temple, et il lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il ordonnera à ses anges de te porter sur leurs mains de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. Le diable le transporta encore sur une forte haute montagne, et lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire ; et il lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores. 10 Mais Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. 11 Alors le diable le laissa. Et voici, des anges s'approchèrent et le servirent.


 

Mes chers amis,



Sacha Guitry disait: je peux résister à tout, sauf à la tentation...

L’Evangile de ce jour nous fait réfléchir ensemble sur le sens de la tentation de Jésus au cours de ses 40 jours de jeûne dans le désert. Et, par cela, il nous amène à mieux saisir la nature de ce que Jésus a fait pour nous.

Tout d’abord, il nous faut rappeler le contexte précédent. Jésus vient d’être baptisé. L’Esprit de Dieu est descendu sur lui et Dieu a clairement annoncé : 
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection ».
C’est tout de suite après ce moment glorieux que Jésus est emmené par l’Esprit Saint dans le désert pour y être tenté par le diable. C’est bien ainsi que les choses se passent : Satan est le tentateur, mais c’est Dieu qui amène son Fils à le confronter dans l’épreuve de la tentation. Dieu a envoyé son Fils unique pour vaincre Satan, et le combat doit commencer d’emblée. Et le diable va choisir trois angles d’attaques par lesquels il va chercher à ruiner la relation de Jésus avec le Père.

I. Les tentations

La première des tentations du diable peut paraître assez grossière, mais elle est en fait très pernicieuse. Après tout, quel mal y a-t-il à manger après un jeûne de 40 jours ? Mais il y a derrière tout ça une ruse de l’ennemi. Le diable cherche à faire douter Jésus de l’amour et du soin de Dieu envers lui. C’est comme s’il lui disait « Dieu t’appelle son fils et il te laisse mourir de faim au milieu du désert ? Il t’a abandonné plutôt. Tu ne vois pas qu’il faut que tu te débrouilles tout seul ?».
La seconde tentation, elle, consiste à éprouver la protection de Dieu. La troisième enfin, incite Jésus à se détourner de Dieu et à adorer le diable pour obtenir la domination sur la Terre.

Le diable cherche, par tout cela, à détourner Jésus de son ministère, à le faire sortir du plan de salut que la Père a conçu. Et ce premier combat de Jésus est aussi sa première victoire, une victoire qui préfigure celle de la Croix.

II. La victoire par la Parole

Comment Jésus réussit-il à vaincre le diable ? Par la Parole de Dieu. Même s’il ne cite pas directement la Bible lors de la première tentation, sa réponse est claire « l’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu », il se réfère donc à la Parole divine pour dire qu’elle est toute aussi important pour lui que la nourriture physique. De même, Jésus va contrer le diable qui tort le sens des Ecritures pour le tenter en utilisant les Ecritures elles-mêmes, et rien d’autre.
C’est ce que, nous aussi, nous devons faire. Nous devons reconnaître que nous avons besoin des vérités de la Bible pour nourrir notre vie spirituelle. Nous avons besoin de la Bible parce que c’est elle qui nous assure qu’en Jésus-Christ, nous sommes devenus enfants de Dieu et que notre Père nous aime. Nous avons besoin de la Bible pour nous rappeler les promesses et les commandements du Seigneur. Nous avons besoin de la Bible pour combattre l’erreur et persévérer dans la vérité. Nous avons besoin d’utiliser cette épée de l’Esprit qui est notre arme contre les attaques du diable.
Jésus remporte la victoire en utilisant la Parole. Mais cette victoire, il est fondamental de nous rendre compte qu’il la remporte pour nous.

III. La victoire pour nous

Pour comprendre cela, il nous faut réaliser que cette histoire de la tentation de Jésus renvoie tout droit à l’histoire du peuple d’Israël.
Les Hébreux ont passé 40 ans dans le désert après avoir quitté l’Egypte. Jésus y a passé 40 jours.
Jésus a été tenté pour douter de la bonté de Dieu envers lui et il a refusé. Les hébreux, se trouvant affamés, ont murmuré contre Moïse et Aaron et leur ont dit « vous nous avez amenés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette assemblée » (Ex 16.3)
Jésus a été tenté pour mettre l’action de Dieu à l’épreuve et il a refusé. Les hébreux ont demandé « l’Eternel est-il au milieu de nous ou n’y est-il pas ? » (Ex 17.7 Massa veut dire « tentation » et Meriba « querelle »).
Jésus a été tenté pour adorer Satan, et renier le vrai Dieu, et il a refusé. Les hébreux se sont construits un veau d’or pour lui vouer un culte (Exode 32.4).
Jésus remporte la victoire là où le peuple de Dieu a échoué lamentablement et s’est laissé entraîner au doute et à la rébellion. Ce qu’Israël n’a pas pu accomplir, Jésus le fait. D’ailleurs, toutes les paroles de la Bible que Jésus emploie sont tirées du récit du séjour du peuple hébreu dans le désert.
Jésus est le nouvel Israël, celui qui entre pleinement dans le plan de Dieu sans tomber dans la tentation. Là où la faiblesse des hébreux s’était manifestée, la puissance de Dieu remporte la victoire.
Et nous, si nous regardons à nous-même, ne nous rendons-nous pas compte que nous sommes comme les hébreux : rebelles, insatisfaits, des proies faciles pour la tentation dans laquelle nous tombons si facilement ? Heureusement, Jésus a vaincu l’adversaire pour nous. Il n’avait pas une nature pécheresse comme la nôtre, mais il a été tenté comme nous. Pourquoi ? L’auteur d’Hébreux nous donne une première raison « du fait qu’il a souffert lui-même et qu’il a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés » (Héb 2.18). En remportant la victoire sur le diable, Jésus nous a libérés. Mais Jésus a fait plus que vaincre Satan durant ces 40 jours ; il a aussi montré qu’il obéissait parfaitement à la Loi de Dieu et qu’il suivait sa volonté.
Et c’est un aspect de notre récit que nous devons mettre en avant : Jésus a accepté de passer par le chemin de l’humilité, de se conformer à la volonté du Père qui l’avait amené à cet endroit d’épreuve.

En Matthieu comme en Marc et en Luc, il est clair que les trois tentations dont nous venons de parler n’ont été que la culmination des attaques de Satan. Quand Matthieu dit « le diable le laissa », ça ne veut pas dire qu’il n’est jamais revenu. Non, Jésus a fait face à la tentation durant toute sa vie, et jusqu’au jardin de Gethsemané et jusqu’à la croix, pour qu’il sorte du plan de Dieu. L’Ecriture nous dit que « Car nous n'avons pas un Grand-Prêtre qui ne puisse avoir compassion de nos infirmités ; mais, nous avons celui qui a été tenté comme nous en toutes choses, mais sans pécher. » (Héb 4.15).
Jésus n’a pas fait cela pour gagner les faveurs de Dieu, mais pour que nous puissions être regardés avec faveur par Dieu.


Ce passage marque donc le début de la confrontation entre notre Seigneur et le diable, que nous y voyons Jésus prendre le chemin de la Croix.
Il est fréquent que nous accordions une très grande place aux souffrances de Jésus. Il est donc possible que nous oubliions que toute sa vie a été faite d’une obéissance complète à la Loi de Dieu. C’est ce que Paul dit en Romains 5 :
« 19 Car, comme par la désobéissance d'un seul homme plusieurs ont été rendus pécheurs, de même par l'obéissance d'un seul plusieurs seront rendus justes. 20 Or la loi est intervenue afin que l'offense abonde, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé, 21 afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi la grâce règne par la justice pour conduire à la vie éternelle, par Jésus-Christ, notre Seigneur. »

Oui, Jésus est venu pour écraser la tête du serpent, pour nous racheter de la malédiction du péché qui pesait sur nous, héritée de nos parents Adam et Eve. Cette victoire, il la partage avec nous, tout comme il a gardé la loi pour nous. Allons donc vers Jésus avec un sentiment de gratitude et de victoire.

Dimanche 18 janvier

Chers amis,

Notre culte de maison aura lieu le dimanche 18 janvier à 17 h, au presbytère luthérien de Melle.

Cordiale invitation à tous!

jeudi 15 janvier 2015

Je suis meurtri, d'Eric Denimal





Je suis meurtri !
J’étais à Paris au moment de l’attaque de la rédaction de Charlie-Hebdo. Comme tout le monde, j’ai été choqué puis bouleversé par tout ce qui s'y est passé. Indigné, je me suis laissé entraîner par l’onde et les ondes jusqu’à oublier de réfléchir à tout ce qui se disait, noyé par le flot des paroles vides et des sentences à l’emporte-pièce. Journaliste, et d’instinct, je ne pouvais qu’être solidaire.

Dans un premier temps, j’ai pensé pouvoir être Charlie, mais il faut se méfier des émotions qui aveuglent et plus encore des faiseurs de troupeaux.

Est arrivé, le lendemain, la première prise d’otages, puis la seconde qui visait des anonymes juifs. Peur et stupeur qu’entretiennent les images fixes et les commentaires incessants pour dire qu’on ne sait rien ou qu’on ne peut rien dire.

Nouvelle hécatombe, et de Charlie je me demande si je ne deviens pas Juif.

17 morts ! Horreur à nos portes !

L’émotion devient action lorsque tout le monde décide de descendre dans la rue pour dire oui à la démocratie, non à la barbarie ! Oui à la liberté des crayons, non à la sauvagerie des armes ! Mais il faut aussi dire oui à la réflexion et non seulement aux sensations. Parce que la liberté d’expression n’est juste que si on nous a laissé la liberté de penser autre chose que la pensée unique.

Ma révolte contre le terrorisme des intégristes ne doit pas me faire oublier que j’ai aussi le droit de penser que les caricatures de Charlie-Hebdo, dont on veut m’imposer la légitimité aujourd’hui, sont parfois des agressions. Dois-je accepter qu’au nom de la liberté, on raille et bafoue l'objet de la foi de quiconque. De nombreux dessins de Charlie-Hebdo ont été des offenses et des manques de respect à l'égard, notamment, du Christianisme et des chrétiens. N’en étions-nous pas indignés hier ?

J’aime tant la démocratie que je suis de l’avis de Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. » Jolie formule, mais qui semble être un apocryphe du penseur et défenseur des innocents dans l’Affaire Calas. Il n’empêche que l’idée est belle, mais, comme la liberté de chacun, elle s’arrête lorsque commence celle de l’autre.

Ces pensées ne m’ont pas empêché de me rendre, le premier soir, Place de la République, ému comme tout le monde, face à la mort brutale et barbare de douze personnes. Or, bien des messages circulaient sur cette place symbolique où l’unité nationale et républicaine avait autant de désaccords que les Marseillaises timides, parfois étouffées. J’ai, en effet, vu des pancartes et lu des slogans contre toutes les religions, lesquelles étaient présentées comme des « archaïsmes dont il faut se libérer autant que des c... qui les propagent ! » Des dessins de Charlie-Hebdo, outranciers à l'encontre des chrétiens (mais aussi des juifs et des musulmans) étaient placardés à côté des crayons et des bougies.

Je me suis alors souvenu de ce que la presse satirique diffusait, par exemple, au moment du mariage pour tous. Ceux qui, comme moi, s’offusquaient étaient malmenés, maltraités, et de façon souvent outrancières, grossières… Sans parler des amalgames faciles qui faisaient de nous des ennemis de la France républicaine et laïque.

Je suis donc mal à l'aise avec tous ces gens qui se réclament de la liberté d'expression à la Charlie, celle qui donne le droit au blasphème. Même notre ministre de la justice, qui avait porté plainte, soutenue par le gouvernement, semble avoir oublié une fameuse banane ! Je reste étonné encore que les médias qui, à l’unisson, revendiquent la liberté d’opinion et de diffusion, refusent – pour certains – de poursuivre leur collaboration avec Éric Sémour, ridiculise Valérie Trierweiller ou boycotte Michel Houellebecq.

La prise d’otages de la porte de Vincennes, tout aussi insoutenable que ce qui s’était passé la veille, a déplacé la fixation sur les dessinateurs connus pour glisser vers des anonymes et vers d’autres victimes. Le champ des martyres s’élargissait pour, hélas, démontrer que n’importe qui pouvait devenir une cible des fanatiques. Mais du coup, les dessins qui, la veille, visaient aussi les Juifs et les catholiques sont devenus plus discrets. Piètre satisfaction !

Les français de toutes origines – et pas seulement eux - ont heureusement réagi en refusant très massivement la stratégie de la peur et de l’intolérance. Certains politiques sauront en tirer profits ; il ne faut pas se leurrer, ni tomber d’une manipulation à une autre.

Quelle belle prise de conscience : près de quatre millions de citoyens dans les rues ! J’espère que depuis les manifestations contre le mariage gay, les autorités ont appris à compter.

Le peuple est versatile : il a applaudi la police contre laquelle il était descendu dans les rues quelques semaines plus tôt après la mort malheureuse d’un écologiste. Les médias ayant parfois mis, comme souvent, de l’huile sur le feu.

Le peuple s’est senti soudain solidaire le temps d’un week-end, mais dans son quotidien, il accepte volontiers les messages qui dressent une partie de lui contre une autre partie. Et l’union sacrée mettra combien de temps à se dissoudre ?

Quant aux responsables des grandes religions de France, il me semble qu'ils devraient dire, plus explicitement, qu’il est faux d’asséner que l’on peut rire de tout et ricaner, ridiculiser, mépriser les convictions des gens! La grossièreté des caricaturistes, l’insolence des femens et les parodies des amuseurs publics ne sont pas des preuves de liberté d’expression mais l’expression insidieuse d’une dictature irrespectueuse des opinions. Les mêmes ne supportant souvent pas que l’on puisse ne pas accepter leurs propos, leurs gestes ou leurs croquis.

La liberté d'expression ne doit devenir la tyrannie ni des athées, ni des laïcards.

Eric Denimal