lundi 9 novembre 2009

Conférence à Niort




Conférence Obama, un calviniste à la Maison-Blanche?
par Thomas Constantini au temple réformé de Niort,
le 14 novembre à 20h30.
Les liens entre B. Obama et Calvin sont ténus mais révélateurs d'une part souvent insoupçonnée de l'héritage du Réformateur français. S'interroger sur ce qui unit Obama et Calvin, c'est réfléchir sur l'origine de nos sociétés modernes et sur leurs fondements chrétiens.
Cordiale invitation à tous!

dimanche 8 novembre 2009

Marc 12.38-44

38 Jésus disait, dans son enseignement : Gardez–vous des scribes ; ils aiment se promener avec de longues robes, être salués sur les places publiques,
39 avoir les premiers sièges dans les synagogues et les premières places dans les dîners ;40 ils dévorent les maisons des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières. Ils recevront un jugement particulièrement sévère.
41 ¶ S’étant assis en face du Trésor, il regardait comment la foule y mettait de la monnaie de bronze. Nombre de riches mettaient beaucoup.
42 Vint aussi une pauvre veuve qui mit deux leptes valant un quadrant.
43 Alors il appela ses disciples et leur dit : Amen, je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous ceux qui ont mis quelque chose dans le Trésor ;
44 car tous ont mis de leur abondance, mais elle, elle a mis, de son manque, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.


Chers frères et sœurs,

Les textes de l'Ancien Testament et de l'Evangile de ce dimanche nous montrent deux histoires assez parallèles. Les histoires de deux veuves, les histoires de deux dons.
J'ai remarqué qu'un certain nombre de mes collègues pasteurs font de ce dimanche où nous lisons ces deux passages un "culte d'offrandes". Je sais bien que nous approchons de la fin de l'année fiscale, je sais bien que trop des trésoriers s'inquiètent en ce moment, je sais bien que trop nombreux sont ceux qui ont "oublié" d'envoyer la moindre cotisation, mais prendre cette direction, c'est prendre de grands risques.
Le premier d'entre eux est de ne lire l'histoire de la pauvre veuve qui donne ses deux uniques piécettes de monnaie dans le tronc du Temple que de manière anecdotique et d'en faire, par l'exemple, l'illustration d'une morale générale: "le pauvre sait se montrer plus généreux que le riche".
Cela n'est pas faux, bien sûr…et peut être souvent constaté par l'expérience… mais est-ce bien là le cœur de ce que Jésus cherche à nous faire comprendre? D'ailleurs, il ne s'agit pas ici d'opposer la générosité de la gentille pauvre veuve à l'avarice des méchants riches. Marc dit bien que "les riches mettaient beaucoup", pas de souci de ce côté-là!
Un second risque serait aussi de nous culpabiliser, car quelle que soit la somme que nous donnons, nous restons tous des riches qui donnent de leur superflu, nous qui avons la chance de vivre dans un pays où l'on mange à sa faim, dans un pays où nous pouvons être soignés à un prix qui reste dérisoire par rapport à ce qui existe ailleurs! Nous devons être conscients de cela, mais si nous en restons là, nous risquons de quitter ce temple comme le jeune homme riche après sa rencontre avec Jésus, qui s'éloigna tout triste, car il n'arrivait pas à se détacher de ses biens… Nous avons alors entendu la Loi, et seulement elle. Et ce qui importe, c'est d'arriver à entendre l'Evangile dans le texte de ce matin.

Regardons bien notre texte et demandons-nous: qui Jésus prend-il en contre-exemple du geste de la veuve? Ce ne sont pas les riches en tant que tels, ce sont les scribes! Notre texte commence en effet de manière surprenante par cet avertissement à ses disciples : "méfiez-vous des scribes, qui aiment à sortir en robes solennelles et aiment les salutations sur les places publiques"...Et juste après, Jésus commente l'acte de la pauvre veuve. Nous ne sommes donc pas dans le domaine de la morale (voire du moralisme) mais dans celui de la religion, de notre relation avec le Père. Jésus critique les dignitaires religieux de son temps qui, selon lui, pervertissent ce qui est l'essence de la religion et il voit en la veuve la vraie attitude de l'être humain devant Dieu.

Cet épisode s'inscrit d'ailleurs dans le contexte beaucoup plus vaste du combat que Jésus mène après son entrée à Jérusalem contre la religion formaliste et desséchée du Temple et ceux qui en sont les piliers: les prêtres, les scribes, les anciens. C'est dans ce contexte que Jésus chasse les marchands du Temple, qu'il maudit un figuier qui ne porte pas de fruits et qui est pour lui, en fait, le symbole de la religion stérile d'Israël, incapable de nourrir qui que ce soit. Et, après notre texte, Jésus annonce la destruction du Temple et de tout son système religieux vermoulu, juste avant que ne commence le récit de la Passion, où il va être livré pour nous.

On ne peut douter qu'en regardant qu'en contemplant le geste de cette femme qui, donne tout ce qu'elle a en jetant ces deux piécettes dans le tronc, Jésus pense aussi à son propre destin, à sa vie de pauvre qui va être entièrement donnée, sans réserves, sans calculs, en offrande pour la vie du monde. Comme cette pauvre veuve, Jésus va devoir aussi tout donner, pour qu'en son corps meurtri le vrai Temple se manifeste, le lieu où la rencontre entre l'homme et Dieu pourra se produire… non plus dans ce temple fait de main d'hommes que les hommes religieux ont perverti en en faisant un instrument de marchandage avec Dieu, mais son corps offert entièrement au Golgotha et ressuscité par le Père au matin de Pâques, qui nous ouvre à la religion de la gratuité absolue, de l'Amour inconditionnel, de la Grâce! Une mort non pas inutile, ni stérile, mais qui produit des fruits pour tous ceux qui entrent dans ce mystère.

Vous voyez, frères et sœurs, il y a bien plus ici qu'un appel à mettre plus dans la collecte! Notre texte nous pose une question: quelle religion vivons-nous? Est-ce cette religion des scribes pour laquelle Jésus a des paroles si dures? Une religion dont nous nous servons pour acquérir des privilèges pour nous-mêmes et exercer un pouvoir sur autrui, une religion qu'on pourrait qualifier de "mondaine" et d'exhibitionniste, lorsque nous cherchons les "salutations" et "les premières places", une piété hypocrite et peut-être même criminelle, puisqu'elle "dévore les biens des veuves", au lieu de les protéger . Une religion donc où nous utilisons notre statut d'homme ou de femme d'Eglise pour notre propre profit (pas tellement financier sans doute, mais aussi de prestige, de vanité, de soif de pouvoir) au détriment des plus faibles. Ou vivons-nous la religion de la veuve indigente, une religion du don de soi total, une religion sans marchandage avec Dieu, sans calcul, religion d'une vie simplement offerte à Dieu et aux autres. Ce que le geste de la pauvre veuve nous montre, et que Jésus nous donne en modèle, c'est une religion qui n'est dictée ni par l'intérêt, ni par la peur, ni par l'attente d'une quelconque récompense, mais par l'amour seul.

Gardons-nous bien en entendant ce texte de penser "ah lui, il est bien comme les scribes. Et puis quand on sait ce qu'il a sur son compte en banque, il pourrait donner plus!". Non, il ne s'agit pas ici de juger autrui, mais au contraire de rentrer en nous-mêmes, de faire notre propre examen de conscience et de nous convertir chaque jour afin de ressembler toujours plus à Jésus-Christ. En chacun de nous, il y a cette forme de religion pervertie par notre égoïsme fondamental, où nous plaçons notre "ego", notre "moi religieux" au centre et où nous transformons les plus nobles réalités de la foi et de la piété pour notre propre gloire… et il y a aussi une autre forme de religion qui cherche sincèrement la gloire de Dieu et où nous nous oublions nous-mêmes dans des gestes d'amour pour autrui sans en chercher de bénéfices… Jésus, dans ce texte, nous invite à laisser croître en nous cette dimension de gratuité, d'ouverture à l'autre, de don de nous-mêmes parce que nous avons reçu le don de Dieu.

Car notre foi, frères et sœurs, est centrée sur le don. Il y a d'abord, et avant tout, le don (grâce, charis en grec) que Dieu nous fait de son Fils afin que nous soyons libérés. Et nous aussi, en tant que Chrétiens, nous sommes appelés au don. Le don financier, certes, mais ce n'est qu'un aspect parmi bien d'autres. Mais vous rendez-vous compte qu'en venant au culte, vous donnez? Vous donnez votre présence et l'encouragement qu'elle apporte à toute la communauté. Vous donnez votre prière pour les peines de vos frères et du monde. Vous donnez, pour les parents du catéchisme, la possibilité à vos enfants de découvrir leur Sauveur et d'avoir les bases d'une vie vraiment heureuse.
Peut-être cela vous paraît bien peu, dérisoire peut-être. Peut-être vous dites vous que vous n'avez pas grand-chose à offrir.Ce serait oublier autre chose que nous apprennent nos textes. Car, dans les deux cas, nous voyons Dieu approuver et utiliser le don de deux veuves, c'est-dire-dire, des personnes parmi les plus faibles, les plus insignifiantes de cette époque. Cela fait écho à l'histoire de ce jeune garçon (encore un moins que rien) qui a donné les cinq pains et les deux poissons dont Jésus s'est servi pour nourrir 5000 hommes. Le texte grec dit que la veuve a "pris de son manque pour donner toute sa vie". Vous avez l'impression de n'avoir rien à donner? Regardez à cette veuve qui n'a que des manques: manque d'argent, mais aussi manque de force, de dignité…et qui arrive à faire de ces manques accumulés (0+0+0, ça donne toujours 0) l'occasion d'un don total d'elle-même. Ce à quoi Jésus nous invite aujourd'hui, c'est à reconnaître que c'est là où nous nous sentons les plus démunis, les plus incapables, les plus pauvres, que nous pouvons rencontrer l'autre. Alors nous comprendrons ces paroles de Paul "c'est quand je suis faible que je suis fort" et nous suivrons les pas de Jésus-Christ:
"Vous connaissez la grâce de Jésus Christ: lui qui était riche, il s'est fait pauvre pour nous, afin de nous enrichir par sa pauvreté".

lundi 2 novembre 2009

Apocalypse 21.1-6



la Toussaint n'est pas tant le "jour des morts" que la fête de la communion des saints





1 ¶ Puis je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’existait plus.
2 Je vis la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, descendre du ciel, d’auprès de Dieu, belle comme une mariée qui s’est parée pour son époux.
3 Et j’entendis une forte voix, venant du trône, qui disait : Voici la Tente de Dieu avec les hommes. Il habitera avec eux ; ils seront ses peuples et lui, Dieu avec eux, sera leur Dieu.
4 Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni plainte, ni souffrance. Car ce qui était autrefois a définitivement disparu.
5 Alors celui qui siège sur le trône déclara : –– Voici : je renouvelle toutes choses. Il ajouta : –– Ecris que ces paroles sont vraies et entièrement dignes de confiance.
6 Puis il me dit : –– C’en est fait ! Je suis l’Alpha et l’Oméga, le commencement et le but. A celui qui a soif, je donnerai, moi, à boire gratuitement à la source d’où coule l’eau de la vie.





Chers frères et sœurs,

C'est aujourd'hui la Toussaint. Comme je l'ai fait la semaine dernière avec la fête de la Réformation, je vais devoir expliquer, préciser, le sens de ce que nous célébrons aujourd'hui.
Il m'est déjà arrivé lorsque des amis non-protestants m'ont accompagné au culte d'entendre après coup une remarque du type: "j'ai été surpris, car quand vous avez récité le Credo, vous avez dit 'je crois en la communion des saints'. Je croyais que les protestants ne croyaient pas aux saints?"
Et, de fait, je ne suis pas sûr que tous les membres de nos églises soient au clair sur le sens précis à donner à cette formule. Pourtant, elle fait bel et bien partie du Credo, de l'affirmation de notre foi et ce dimanche est pour nous l'occasion de clarifier les choses.
Nous ne croyons pas aux saints dans la mesure où nous ne croyons pas qu'un groupe de Chrétiens éminents décédés puissent nous accorder les faveurs du Père par leurs prières. Nous n'avons pas besoin de ça, car nous savons qu'il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ.


Alors quel sens donner à ce dimanche de la Toussaint? Je crois qu'il a trois axes:
-nous souvenir des Chrétiens illustres qui nous ont précédés afin de pouvoir nous inspirer de leurs vies.
-nous souvenir de ceux qui nous ont quittés, particulièrement les membres de notre paroisse.
-nous souvenir, et c'est sans doute le plus important, du fait que tous les Chrétiens sont véritablement saints, que l'Eglise est composée de ceux qui ont été justifiés et sanctifiés par Jésus-Christ.

Nous vivons dans une société hyper-individualiste, où les gens ont été coupés de leurs racines et de leur mémoire, où ils n'arrivent plus à concevoir qu'ils ne sont qu'un maillon d'une très longue chaîne. Et bien, spirituellement, il est important de nous remémorer qu'il y a des saints qui nous ont précédés dans le peuple de Dieu.
Prenez par exemple David, qui a écrit de si émouvants Psaumes. Et bien, David était un adultère et un meurtrier. Prenez Pierre, dont le nom évoque la solidité du roc. Et pourtant, il était tout sauf solide dans sa foi au Seigneur jusqu'à ce que la résurrection l'illumine. Même après, d'ailleurs, nous le voyons hésitant à condamner les pratiques judaïsantes. Ce n'est pas qu'il était très différent des autres disciples, qui, comme lui, abandonnèrent le Seigneur. Prenez Paul, qui était un persécuteur de l'Eglise, jusqu'à ce que le Seigneur se révèle à lui et en fasse son serviteur.
En fait, ce qui frappe quand nous lisons la Bible, c'est qu'elle ne cache rien des faiblesses, des échecs et des reniements de ceux qui font partie de la grande nuée de témoins. Ils n'étaient pas parfaits, c'étaient des hommes et des femmes avec leurs propres luttes dans la foi, et cela peut nous encourager de voir que de ce point de vue là, ils n'étaient pas différents de nous. Ils étaient des pécheurs comme nous.

C'est la puissance de Dieu qui a agi dans leur vie et qui leur a permis de devenir des témoins de la grâce active en eux.

C'est aussi vrai du deuxième aspect de la Toussaint, celui où nous nous souvenons de nos frères et sœurs en Christ qui nous ont quittés. C'est la tradition dans certaines églises luthériennes de réciter lors des cultes de Toussaint les noms des membres de la paroisse décédés dans l'année. Quand nous pensons à l'histoire de notre paroisse, il est normal que le visage et les noms de ceux qui l'ont composée nous reviennent en mémoire. Certains d'entre eux ont pu jouer un grand rôle dans la vie de notre communauté ou même dans notre propre vie. A présent, ils sont auprès de la gloire du Père et nous le louons pour le service qu'il leur a permis d'avoir le temps de leur séjour sur terre.

Vient enfin le troisième et dernier aspect de la fête de la Toussaint, celui qui nous fait contempler le fait que nous aussi, nous sommes des saints.
Est-ce que ça vous paraît présomptueux de dire ça? Peut-être, mais seulement si l'on accepte la définition du dictionnaire: "personne qui, dans la religion catholique (et les orthodoxes?) est après sa mort l'objet d'un culte public et universel en raison du très haut degré de perfection chrétienne qu'elle a atteint durant sa vie".
Le problème est que cette définition de la sainteté n'est pas biblique. Heureusement d'ailleurs, car, à titre personnel, je n'oserais sans doute pas dire que j'ai atteint un "très haut degré de perfection chrétienne'' (ma femme est là pour vous dire le contraire…). Ce que je sais en revanche, c'est que tous ceux qui croient en Jésus-Christ sont saints, parce qu'ils sont sanctifiés par le Seigneur.
L'Eglise, dit la Confession d'Augsbourg, est "l'assemblée des saints et de ceux qui croient en la vérité". C'est une définition un peu redondante, car tous ceux qui croient en la vérité, c'est-à-dire que Christ est leur Sauveur, sont sanctifiés. Dans le Nouveau Testament, les croyants sont appelés saints (Ac 20.32; 1 Co 1.2, 6.12; Jude 1). Nous sommes en effet au bénéfice de ce que l'on appelle la sanctification positionnelle:
"Et c’est en vertu de cette volonté (de Dieu) que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus–Christ, une fois pour toutes." dit l'auteur de la lettre aux Hébreux (10.10, 1 Co 1.30). Cela veut dire que les croyants ont été purifiés par le sang de Christ et qu'ils se trouvent dans une nouvelle relation avec Dieu. De ce point de vue, la sainteté n'est pas tant une chose à atteindre qu'un état qui nous a déjà été donné.
Mais il y aussi une dimension progressive à notre sanctification. Après avoir passé trois ans avec ses disciples, Jésus a demandé au Père "sanctifie-les par ta vérité, ta Parole est la vérité". Il est ici question de croissance, de ressembler chaque jour de plus en plus à Jésus, et cela se fait par l'action de la Parole en nous, comme le dit Luther dans le Grand Catéchisme. Quelqu'un a dit un jour que les chrétiens sont comme les crocodiles, qui n'arrêtent pas de grandir toute leur vie durant!
Car, tant que nous sommes sur cette terre, notre croissance ne sera jamais achevée. 1 Jean 3.2 dit "mes bien-aimés, dès à présent nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous savons que, lorsqu'il paraîtra, nous lui serons semblables, puisque nous le verrons tel qu'il est".
Notre sanctification est donc à la fois passée, présente et future. Et elle vient de Dieu! Elle est grâce, comme notre justification! C'est là le grand danger de ceux qui affirment bien que la justification est gratuite mais que la sanctification relève de nos efforts! Il n'en est pas ainsi, et nous pouvons louer le Seigneur de nous avoir, par son Fils, amenés dans la communion des saints!








samedi 31 octobre 2009

Cultes de l'hiver à Prailles

A partir du dimanche 1er novembre 2009 et jusq'au dimanche 9 mai 2010 inclus, les cultes auront lieu chaque semaine au temple de Prailles à 10h30.

dimanche 25 octobre 2009

JEAN 8.31-36 (Réformation)






31 ¶ Alors Jésus dit aux Juifs qui avaient mis leur foi en lui : –– Si vous vous attachez à la Parole que je vous ai annoncée, vous êtes vraiment mes disciples.
32 Vous connaîtrez la vérité, et la vérité fera de vous des hommes libres.
33 –Nous, lui répondirent–ils, nous sommes la postérité d’Abraham, nous n’avons jamais été esclaves de personne. Comment peux–tu dire : « Vous serez des hommes libres ? »
34 –Vraiment, je vous l’assure, leur répondit Jésus, tout homme qui commet le péché est esclave du péché.
35 Or, un esclave ne fait pas partie de la famille, un fils, lui, en fait partie pour toujours.
36 Si donc c’est le Fils qui vous donne la liberté, alors vous serez vraiment des hommes libres.




Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, amen.

Chers frères et sœurs,
Comment peut-on en 2009, fêter la Réformation? Le 31 octobre 1517, un moine allemand, Martin Luther, cloua une feuille contenant 95 Thèses sur la porte de l'église de Wittenberg. Luther en avait assez du commerce des indulgences, des feuilles de papier que le Pape vendait en faisant croire aux gens qu'ils pouvaient ainsi acheter leur salut ou celui de leurs parents décédés. Non, disait Luther, ça ne peut plus durer. Le salut que Dieu donne est gratuit, il ne vient pas en faisant de bonnes œuvres ou en achetant un bout de papier au Pape: pour être sauvé, il suffit de croire que Jésus-Christ est mort pour nous!
Seulement, voilà, aujourd'hui, la Réforme n'est plus très populaire. Nous sommes à l'heure de l'œcuménisme, on est devenus super-copains avec l'église catholique romaine, et ils sont nombreux, y compris parmi les "protestants" (qui ne le sont souvent que de nom) qui regrettent bien que la belle unité de l'Eglise médiévale ait été rompue. Bien sûr, on oublie que l'unité de l'Eglise n'existait déjà plus depuis longtemps, puisque les Orthodoxes vivaient séparés de Rome depuis 5 siècles, mais on préfère oublier ce détail!

Je crois, je suis persuadé en fait, que cette façon de voir les choses obscurcit totalement ce qui a été et qui demeure le sens de la Réforme. La Réforme, ce n'est pas Martin Luther ou qui que ce soit d'autre. A l'extrême limite, je vous dirai qu'on n'a rien à faire de Martin Luther. Il y a un tableau qui résume ce que j'essaie de vous dire. Il s'agit d'une peinture de Cranach l'Ancien qui se trouve dans l'église de Wittenberg.
Tout à fait à gauche du tableau, on voit un groupe de femmes, d'hommes et d'enfants. Tout à fait à droite, on voit Luther dans sa chaire, Bible ouverte, qui montre du doigt quelque chose. Ce quelque chose, qui occupe tout le centre du tableau, c'est le Christ crucifié.

Voilà ce qu'a été la Réforme, frères et sœurs: remettre le Christ au cœur de la vie de l'Eglise et des croyants! Depuis trop de siècles, l'Eglise avait été contaminée par la corruption, l'immoralité et les superstitions. Depuis trop de siècles, le message fondamental de notre foi, le pardon complet offert à ceux qui croient en Jésus avait été obscurci ou déformé au profit d'une religion des œuvres!
Mais Dieu a permis que sa Parole droitement prêchée retrouve toute sa place et que la vérité soit à nouveau annoncée pour le grand réconfort des âmes troublées.
La Réforme, frères et sœurs (en tout cas, la Réforme luthérienne) n'a jamais voulu être une rupture, et encore moins une révolution! La Réforme, c'est un peu comme quand vous avez un vieux chapeau applati, il faut lui redonner sa forme! C'est ce que Luther a voulu faire pour l'Eglise: la ramener à la source biblique, éliminer les déformations et reprendre une droite ligne.
C'est ce que ne comprend pas un certain protestantisme où sous prétexte que "l'église de la Réforme doit toujours se réformer" a depuis longtemps abandonné la foi véritable pour tomber dans le relativisme doctrinal et moral, quand ce n'est pas dans l'apostasie pure et simple!!
"l'église de la Réforme doit toujours se réformer", c'est vrai, mais cette réforme doit se faire selon la Bible, reconnue comme source suprême d'autorité et non pas selon les diktats d'un rationalisme et d'un humanisme laïc destructeurs!

Jésus nous dit en Matthieu 10.34 "je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive". Paroles qui nous choquent un peu peut-être, mais Christ a toujours été clair: son message provoque la division entre ceux qui l'acceptent et qui le rejettent. Voilà pourquoi, lorsque l'Evangile est fidèlement prêché, il y a conflit. Conflit entre Luther et le Pape. Conflit entre les croyants et les autres. Conflit entre la vie et la mort. Conflit entre la vérité de l'Evangile et le mensonge. Nous sommes dans un combat frères et sœurs. En avez-conscience? Etes-vous prêt à le mener?

L'état de l'Eglise en Occident, le faible nombre de chrétiens authentiques peut parfois nous décourager. Quand c'est le cas, repentons-nous, car alors nous avons jugé le Royaume de Dieu selon les critères des hommes. Le Royaume de Dieu se trouve dans la petitesse et l'humilité, pas dans les bâtiments somptueux et les budgets de plusieurs millions!
Repentons-nous mais réjouissons-nous aussi. Car la Réforme, en remettant la Bible au centre, nous a permis d'entendre la merveilleuse nouvelle de l'amour de Dieu pour nous. Dans cette vie souvent si impitoyable, vous savez que vous pouvez vous approcher d'un Dieu plein de grâce, qui n'exige rien de vous. Dans le Royaume de Dieu, il y de la place pour tous ceux qui croient!

Voilà la Bonne Nouvelle que la Réforme a retrouvé dans les pages de la Bible qu'elle a rendue au peuple! Voilà la Bonne Nouvelle qui est le cœur de la foi de l'Eglise fidèle! Voilà la Bonne Nouvelle que le Seigneur nous demande d'aller annoncer à tous ceux qui, aujourd'hui, chez nous, se retrouvent dans des ténèbres spirituelles encore plus grandes que celles du Moyen-Age!
Alors armons-nous, sachons utiliser l'épée de l'Esprit, la Sainte Bible, venons souvent à la Table Sainte nous nourrir du corps et du sang du Sauveur. C'est lui qui mène son Eglise au combat. C'est lui qui nous assure la victoire.

Amen.

mardi 20 octobre 2009

Jeudi 22 octobre à 20h à Melle étude biblique

Par ailleurs, le dimanche 25, dernier culte de la saison à Beaussais à 10h30. A partir du 1er noveambre et jusqu'à mai 2010, les cultes auront lieu chaque semaine à Prailles.

Cordiale invitation. Pour tout renseignement, contacter la paroisse.
Prochainement sur le Blog Luthérien du Poitou:

-un article sur les Luthériens de Terre Sainte

-dans la série Témoins de la Foi: le Sadhu Sundar Sing

-une nouvelle rubrique Questions-Réponses pour mieux échanger avec vous.